La porte

 
Elle se tire
s’entrebâille
S’ouvre
Se pousse
Se claque
Se ferme
se verrouille
s’enfonce
se défonce
Se prend
……..
La porte !

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La vieille

 

C’est une fleur qui se fane
Appuyée sur sa canne
Que les gosses chicanent

Elle déambule sur le trottoir
A la recherche d’un reposoir
D’un petit banc pour s’asseoir

D’où, perdue et absente
Elle jette quelques miettes
Aux pigeons qui se délectent

Elle s’extasie, la vieille
Comme une gamine, s’éveille
Devant la beauté du ciel

Un enfant qui lui tend la main
Le rire ou le sourire d’un gamin
Sont autant de plaisirs quotidiens

Il lui suffit souvent de si peu
Pour qu’ainsi elle s’émeut
De ces instants merveilleux

Pourtant, l’envie de vivre l’a quitté
Elle voudrait qu’on la laisse aller
Et ainsi retrouver toute sa sérénité

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Fend la bise

 
Quelques oiseaux en mal de perchoir, squattent sa vielle capote percée et un vieux matou a élu domicile sur sa banquette arrière. Des canettes de red bull ainsi que d’étranges mégots jonchent son plancher, sûrement abandonnés par des gosses du quartier venus ici s’éclater à l’abri des regards. Les sièges sont déchirés et le pommeau du levier de vitesse est manquant. Des feuilles mortes, poussées par le vent ont trouvé refuge sous elle, à l’avant droit, une roue crevée, sans doute dû à un coup de lame mal intentionné, lui donne un air bancale. Un phare au verre brisé pendouille lamentablement. Deux amendes déposées sur son pare-brise attestent d’une surveillance particulièrement assidue de la police municipale. Sa présence en ces lieux est comptée, elle le sait bien. Ses ailes, le plancher côté chauffeur et ses bas de caisses sont mangés par une rouille vorace. Bien sûr, elle n’est pas seule, quelques grosses berlines prétentieuses appartenant à de petites frappes la traitent avec dérision. Il est vrai que sur le capot avant est écrit en lettres blanches « Fend-la-bise » Mais, il y a aussi de petites jeunettes qui l’entourent, auxquelles elle raconte ses aventures.

Sur sa lunette arrière, de vieux autocollants délavés par le soleil, relatent ses voyages de par le monde. Il faut dire qu’elle a bourlingué la vieille dame, mangé du kilomètre, bouffé de l’asphalte, respiré de la poussière, la cote méditerranéenne, l’Espagne, Barcelone, Gibraltar, Casablanca, Marrakech. Mais son plus beau souvenir ce fut Istanbul et la traversée en bac puis l’année suivante, l’étape mythique de l’époque, Katmandou avec deux jeunes hippies en mal d’aventures.

Maintenant, la voici abandonnée sur ce parking de la rue du piémont. Son propriétaire, un vieil homme est décédé le mois dernier. Ses enfants se disputent l’héritage et aucun ne veux bien évidemment de cette guimbarde délabrée. La vieille dame n’espère plus rien, si ce n’est la fourrière et une fin programmée en petit cube chez Derichebourg. Mais il y a parfois des miracles et sa plaque immatriculée dans le sept zéro lui sauva sans doute la mise.

Un p’tit gars passant dans les parages eut le regard attiré par cette plaque, lui-même de ce département, qui plus est, passionné de voitures anciennes. Après une petite enquête, sa proposition de rachat auprès des propriétaires, pingres jusqu’au bout des ongles fut acceptée, trop heureux de se débarrasser de cette vieille carcasse contre une petite somme rondelette.

Aujourd’hui, remise en état, « Fend la bise » déambule fièrement sur les routes de France et de Navarre, la peinture brillante, le phare rieur, la capote débâchée, sous le regard admiratif des badauds.

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Bas résilles

 

C’était une très belle fille
On la surnommait bas résilles
Perchée sur des talons aiguilles
Elle officiait parfois en ville

C’était une jolie petite brune
D’une beauté peu commune
Loin de ses dunes
Perdues sous la lune

En quête du prince charmant
Elle eut de nombreux amants
Des rêves d’amour et d’enfants
Balayés par le temps et le vent

Un magnifique regard noir
Sur un petit bout de trottoir
Avec pour seul miroir
Un terrible désespoir

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Le vieux livre

 

Je viens vous parler ici
De mon meilleur ami
Que les affres de la vie
Ont quelque peu vieilli

Sous sa couverture usagée
Des pages cornées
Par les mains pressées
D’un lecteur passionné

Sur ses feuilles jaunies
A l’encre noir sont écrits
Les vers interdits
D’un poète maudit

Le prendre, le tenir
Le toucher, le sentir
L’ouvrir, le lire
Est un plaisir

Ce n’est qu’un livre
Moi, il m’enivre !

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Je n’écrirai plus

 

Je n’écrirai plus
Mes mots se sont perdus

Dans les méandres embrumés
D’un fleuve tourmenté
Ses eaux tumultueuses
Dans une folie furieuse
Les ont à jamais engloutis
Au plus profond de son lit

Je n’écrirai plus
Mes mots se sont perdus

Dans de folles pensées
Des délires insensés
Sur les pistes ensablées
De terres désertées
Sous le baiser brûlant
Du soleil et du vent

Je n’écrirai plus
Mes mots se sont perdus

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Sur les chemins de traverse

 
Sur les chemins de traverse
J’ai connu tant d’averses
D’orages, de vent, de soleil
D’instants de pure merveille

Sur les chemins de traverse
J’ai savouré l’ivresse
De liqueurs illicites
Et d’herbes interdites

Sur les chemins de traverse
J’ai vu des âmes en errance
Des cœurs égarés
Dans des rêves insensés

Sur les chemins de traverse
J’ai cotoyé la souffrance
Gouter à la passion
Ignorer la raison

Sur les chemins de traverse
Quelques fleurs éparses
Aux pétales multicolores
Ont enjolivé mon décor

Sur les chemins de traverse
Je me suis égaré sans cesse

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Le printemps

 
Dans ce parc au printemps, se mélangent les gens
Dans les allées, retentissent les cris des enfants
Courant et jouant entre les arbres et les bancs

Dans les airs les oiseaux chantent et piaillent
Les cœurs palpitent, les corps s’affolent
Le printemps est là, la nature s’éveille

Un air léger accompagne cette douce euphorie
Le vent d’avril, lui, apporte de nouvelles envies
Les regards pétillent, les visages sont épanouis

Les femmes ont du soleil dans les cheveux
Et toute la couleur du ciel dans leurs yeux
Leurs jolies robes rendent les hommes joyeux

Les filles sont mutines, les garçons vagabonds
Les sens s’emportent sans pourquoi ni raison
Puis arrive Mai et le temps de la nidification

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Kahnawake

réserve indienne – Quebec – septembre 1978

Une balade vers la réserve indienne, pourquoi pas, nous voilà parti, moi et un pote, en métro pour quitter Montréal puis bus. Plutôt cool la visite, nous rencontrons d’abords deux français, deux postiers alsaciens en vadrouille, puis nous faisons connaissance du guide. Là je suis en terrain connu, le type vient d’Éthiopie, né d’une mère française et d’un père anglais, il a vécu là-bas au temps du Négus. Il connait la Corne. Bref tout se passe bien et quittons nos nouveaux amis pour le retour.
Retour en stop, erreur !!!! ca craint !! la seule voiture qui s’arrête est occupée par cinq malabars avec batte de base ball à la main ( c’est gros une batte de bas ball ) et le mot frenchie accompagné d’adjectifs divers, noms d’oiseaux, mais en anglais, en dit long sur leurs intentions. De plus ces braves petits gars ont la gentillesse de faire demi tour mais cette fois pas d’erreur c’est pour nous, les portières s’ouvrent, mais, mais !!!!
Mais comme dans les films, la cavalerie arrive, nos deux postiers, en taxi s’arrêtent pour nous embarquer. Je bénis l’Alsace, la choucroute, la saucisse et le petit vin blanc et tout et tout !!!, sauvé par le gong , mais le taxi sera poursuivi jusqu’à Montréal.

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Noël

 
Je voudrais encore y croire
A cette merveilleuse histoire
Toutes ces images découpées
Sur des catalogues glacés
Toutes ces lettres envoyées
Sans les réponses espérées
Que cette nuit était interminable
Dans l’attente du marchand de sable
Avant de partir pour un profond sommeil
Bercé par le tic tac d’un vieux réveil
Puis, le matin venu
Sous nos regards émus
Alignés sagement sous le sapin
Entre chaussons et mocassins
Vêtu de rubans et de jolis papiers
Trônaient les cadeaux si désirés

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Les entendre ou les dire, les lire ou les écrire, on peut tout faire, même les taire … Les mots !